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BÉNÉVOLAT DÉFENDEZ LA CAUSE

Pleins feux sur la recherche

Comprendre les interactions entre les bactéries dans les poumons FK

Entrevue avec le Dr Michael Surette

Le Dr Michael Surette est un chercheur appuyé par Fibrose kystique Canada, professeur et détenteur d'une Chaire de recherche du Canada sur l’étude interdisciplinaire des microbiomes au Farncombe Family Digestive Health Research Institute, Faculté des sciences de la santé, Université McMaster.

Qu'est-ce qui vous a amené à participer à la recherche sur la fibrose kystique, et qu'aimez-vous particulièrement à propos de votre travail?

Ma première incursion en microbiologie relative à la fibrose kystique s'est faite surtout dans le cadre d'une collaboration avec le Dr Harvey Rabin (chef de la clinique de FK pour adultes de Calgary), alors que j'étais professeur adjoint à la University of Calgary. Le Dr Harvey m'a renseigné à propos de la fibrose kystique et informé des questions qui demeuraient sans réponse dans le domaine de la microbiologie relative aux infections respiratoires. Cela a clairement fait ressortir un problème de recherche sur lequel nous pouvions travailler.

Depuis le tout début, nos travaux de recherche ont reposé sur le travail d'équipe; nous avons étroitement collaboré avec l'équipe clinique. Ce fut un réel plaisir de travailler avec ces gens, qui ont tous contribué aux travaux. Bien entendu, les patients nous ont aussi fortement appuyés, et il a été très enrichissant d'apprendre à les connaître et de travailler avec eux. Ils ont été une réelle source d'inspiration pour l'équipe de recherche, et c'est pour eux que nous travaillons.

En quoi vos travaux sont-ils importants pour les personnes atteintes de fibrose kystique?

Les exacerbations pulmonaires – et les dommages pulmonaires irréversibles qui en résultent – sont les principales responsables du déclin de la fonction pulmonaire chez les patients. Elles sont principalement causées par des infections bactériennes et les agents pathogènes que nous connaissons tous (notamment Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus et le complexe Burkholderia cepacia). Or il ressortait clairement des données recueillies par le Dr Rabin au fil des ans et de ses observations cliniques que ces organismes ne justifiaient pas à eux seuls toutes les exacerbations.

Nos travaux sur la FK visent simplement à comprendre ce qui cause les exacerbations chez chaque patient. Ils nous ont permis de cibler de nouveaux agents pathogènes (parfois assez courants) qui étaient jusque là restés inconnus, et d'améliorer l'efficacité des traitements chez certains patients. Au cours de la dernière décennie, plus ou moins, la conception que nous et d'autres chercheurs avons de la microbiologie relative à la FK a changé : nous pensions auparavant que les poumons étaient infectés par un ou deux agents pathogènes classiques, mais nous comprenons désormais que les lobes inférieurs sont, en fait, colonisés par de nombreuses différentes espèces bactériennes. Les interactions entre ces différentes bactéries pour engendrer les exacerbations constituent l'un de nos principaux domaines de recherche sur la FK.

Dans le cas des patients fibro-kystiques, les infections bactériennes peuvent causer des dommages pulmonaires irréversibles, et ultimement entraîner le décès. Pouvez-vous décrire comment vos travaux sont consacrés à la découverte de nouvelles façons de maîtriser les infections pulmonaires chez les patients fibro-kystiques afin de prévenir les dommages pulmonaires les plus dévastateurs?

Une antibiothérapie efficace et le dégagement des voies respiratoires (qui réduit aussi le fardeau bactérien dans les voies respiratoires) sont les moyens qui permettent le mieux de prendre en charge la maladie depuis les dernières décennies. Le traitement contre les principaux agents pathogènes est toujours essentiel, toutefois lorsque d'autres agents pathogènes sont impliqués, il est possible d'utiliser des antibiotiques plus efficaces pour les combattre. Également, dans certains cas, des antibiotiques ciblant les bactéries autres que celles normalement mises en cause peuvent être très profitables.

Comment vos travaux permettent-ils d'enrichir les options thérapeutiques et d’accroître la qualité de vie des personnes fibro-kystiques?

L'objectif de notre recherche est d'adopter une approche personnalisée pour prendre en charge les exacerbations infectieuses chez les patients fibro-kysiques, soit d'utiliser le traitement le plus efficace pour chaque patient en vue de réduire la fréquence et la durée de ces événements.

Quelles trouvailles récentes pouvez-vous présenter à la communauté FK? Quelles sont les prochaines étapes de vos travaux en cours visant la mise au point de nouveaux traitements?

Au cours des dernières années, nous avons constaté de grands changements dans le séquençage de l'ADN et d'autres technologies qui devraient se traduire par un profil microbiologique plus précis et plus complet dans la FK. Toutefois, des limites et des défis restent à surmonter. Nous devons par exemple mieux comprendre le spectre des organismes qui causent les exacerbations. Cette compréhension nous permettrait d'utiliser plus efficacement les antibiotiques actuellement offerts. Un autre domaine d'intérêt est l'étude des interactions entre les bactéries pour maîtriser les infections et prévoir les sensibilités des patients FK aux agents pathogènes.

De quoi ont besoin les chercheurs canadiens pour trouver un traitement curatif contre la fibrose kystique?

La recherche fondamentale sur les anomalies de base du gène CFTR a mené à la mise au point des nouvelles classes de médicaments (correcteurs et potentialisateurs) qui donnent des résultats spectaculaires chez certains groupes de patients. Du moins dans un avenir prévisible, c'est ce que nous aurons qui s'approche le plus d'un traitement curatif. Néanmoins, ces médicaments n’élimineront pas les complications de la FK. Les infections des voies respiratoires continueront d'être un problème chez de nombreux patients FK. Ces nouveaux médicaments ne seront pas efficaces chez les patients porteurs de mutations moins courantes du CFTR. Les patients plus âgés présenteront déjà une maladie respiratoire considérable et seront sensibles aux infections, et peut-être qu'un nouveau spectre d'agents pathogènes émergera chez cette population de patients nouvellement traités. Nous traversons une période prometteuse, mais la recherche fondamentale doit se poursuivre pour tous les aspects de la fibrose kystique.