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BÉNÉVOLAT DÉFENSE DES DROITS
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L’activité physique et la FK

Bien que l’activité physique fasse partie depuis longtemps de la routine de soin recommandée de la fibrose kystique (FK), ACTIVATE-CF, une étude internationale multicentrique cofinancée par Fibrose kystique Canada et dont les résultats ont été publiés récemment a révélé que l’augmentation trop rapide ou trop intense du degré d’activité physique pourrait ne pas être souhaitable. Il est préférable d’intensifier graduellement le degré d’activité physique d’une personne.

Nous avons interrogé Maggie McIlwaine, gestionnaire du Réseau d’études cliniques de Fibrose kystique Canada et docteure en physiothérapie pratiquant dans le domaine de la FK depuis plus de 40 ans, pour connaître les bienfaits de l’activité physique et savoir quoi faire cet hiver pour demeurer actifs.

Quels sont les bienfaits de l’activité physique pour les personnes fibro-kystiques?

Nous recommandons l’activité physique à tout le monde, mais elle revêt encore plus d’importance pour les personnes atteintes de fibrose kystique. Nous savons que l’activité physique améliore la santé cardiorespiratoire, la masse et la force musculaires et l’image corporelle. Elle peut aussi améliorer le bien-être émotionnel et plus encore.

Certains patients trouvent aussi qu’elle aide à dégager les voies respiratoires, et il a été montré qu’elle aide à déloger le mucus des poumons. Toutefois, les données de preuve ne sont pas suffisantes pour suggérer de remplacer les techniques de dégagement des voies respiratoires par l’activité physique. Cette dernière peut parfois être utilisée en appoint à ces techniques.

Par où commencer pour intégrer davantage d’activité physique à sa routine?

Pour aider un patient à accroître son degré d’activité physique, on peut d’abord lui demander quels sports il aime pratiquer : il sera en effet plus facile d’intégrer une activité qu’il aime déjà. Il peut être bénéfique de commencer en bas âge. J’insiste généralement sur l’importance de l’activité physique lors de ma première rencontre avec les parents d’un bébé qui vient de recevoir le diagnostic. Je suggère aux parents de miser sur les activités qu’ils aiment déjà pratiquer pour tenter de les intégrer dans la vie de l’enfant et du reste de la famille.

Quels types d’activités physiques recommandez-vous?

Il importe que l’activité physique ne devienne pas une corvée, c’est pourquoi l’idéal est de l’associer à une chose que la personne aime déjà. Pour un bambin, nous encourageons des activités qu’il ferait dans un groupe de jeu, comme jouer à la brouette, attraper des bulles et les faire éclater, et d’autres activités amusantes qui le feront bouger. Pour les enfants plus âgés, une activité structurée peut être plus bénéfique, par exemple la natation, le hockey, les sports scolaires et les clubs de course. L’important est de bouger sur une base régulière. Les exercices aérobiques peuvent être pratiqués, pourvu qu’il soit possible de prendre des pauses pour faire des expirations prolongées afin de dégager les sécrétions. Il existe plusieurs moyens faciles de bouger pendant l’hiver, on peut commencer simplement par la glissade, le patin ou la marche dans la neige.

ACTIVATE-CF

Au cours de l’étude ACTIVATE-CF mentionnée plus haut, les participants devaient augmenter leur degré d’activité physique de trois heures par semaine. Bien que cette augmentation fût probablement trop rapide et trop exigeante, l’étude a montré que les participants avaient réussi à maintenir ce rythme de vie pendant un an. On peut donc dire que le programme de conditionnement partiellement supervisé lancé par ACTIVATE-CF a été un succès. Pour encourager les changements au mode de vie, l’équipe chargée de l’étude a adopté une approche motivationnelle qui visait l’atteinte des objectifs des patients et tenait compte de leurs intérêts. Cette approche est importante, car de nombreux programmes similaires n’ont pas réussi par le passé à entraîner des changements de comportements. Bien que la fonction respiratoire des participants ne se soit pas améliorée à la fin de l’étude de 6 mois, une légère hausse a été observée après 12 mois, et de nombreux participants ont continué à suivre le programme d’activité physique une bonne partie de l’année.  

Le Dr Larry Lands, coauteur de l’étude, a noté qu’il est particulièrement important en cette période de pandémie de fournir des efforts pour bouger, alors que nous passons plus de temps assis que jamais auparavant. Il suggère de consacrer moins de temps aux loisirs, de nous lever de notre chaise, de prendre des marches et d’opter pour les escaliers. Les équipes de soins de la FK peuvent aider les gens à trouver des activités qu’ils aiment faire afin de les intégrer à leur plan de traitement, en vue de parvenir à une augmentation durable de l’activité physique comme celle qui a été obtenue dans le cadre de l’étude ACTIVATE-CF.